Les mouvements sociaux
4. L’affirmation des nations autochtones
4.1. La reconnaissance des droits ancestraux
Dans les années 1960, les nations autochtones élaborent davantage de revendications communes par l’entremise des organisations autochtones. Pour unir leurs voix, ces organisations autochtones se regroupent notamment au sein de la Fraternité nationale des Indiens.
La Fraternité nationale des Indiens défend le point de vue des nations autochtones à la suite de la publication de La politique indienne du gouvernement du Canada en 1969. Aussi connu sous le nom de Livre blanc, ce document du gouvernement fédéral propose l’abolition de la Loi sur les Indiens, l’annulation de certains traités et la privatisation des terres au sein des réserves. Le Livre blanc tente ainsi de parachever l’assimilation des Autochtones et de les considérer comme tous les autres citoyens. La Fraternité nationale des Indiens rejette cette proposition en soutenant que le statut juridique que la Loi sur les Indiens confère aux Premières Nations leur permet de défendre leurs revendications malgré son caractère discriminatoire. En plus de pousser le gouvernement fédéral à retirer sa proposition, l’opposition commune des nations autochtones les motive à lutter collectivement.
Dans les années 1970, les Autochtones luttent de plus en plus pour la reconnaissance de leurs droits ancestraux, qui découlent du fait qu’ils occupaient et qu’ils utilisaient le territoire avant l’arrivée des Européens. Cette lutte pour la reconnaissance des droits ancestraux contribue à légitimer les revendications territoriales des Premières Nations, des Inuits et des Métis qui n’ont pas conclu d'entente avec le gouvernement canadien et qui ne lui ont donc pas cédé leurs terres ancestrales. En réclamant la possession de leurs terres ancestrales, les Autochtones cherchent à défendre leurs droits sur les ressources naturelles que comportent ces terres. Le gibier et la forêt comptent parmi ces ressources, qui sont souvent prisées par les chasseurs et les hommes d’affaires non- autochtones.
Dans l’ensemble, la reconnaissance des droits ancestraux permet aux Autochtones de faire une brèche dans la politique d’assimilation du gouvernement fédéral et de constituer un mouvement social qui se manifestera à de multiples reprises dans un Québec en voie de modernisation.