Les mouvements sociaux
3. Le syndicalisme et les fronts communs
3.2. Les fronts communs des années 1970
Dans les années 1970, la FTQ, la CSN et la CEQ organisent trois fronts communs à différents moments. Un front commun, c’est une alliance entre plusieurs centrales syndicales qui permet de renforcer leur pouvoir de négociation face au gouvernement québécois. En 1972, un premier front commun implique 200 000 employés de la fonction publique québécoise, parmi lesquels comptent des fonctionnaires, des enseignants et des infirmières. Ces travailleurs revendiquent une hausse du salaire minimum dans le secteur public. Les syndiqués poursuivent aussi leur action sociale en protestant contre l’inégalité salariale entre les hommes et les femmes. Le gouvernement libéral de Robert Bourassa refuse toutefois d’accorder l’augmentation salariale demandée par le front commun, ce qui incite les centrales syndicales à déclencher une grève générale illimitée.


Le gouvernement québécois riposte en adoptant une loi qui exige le retour au travail. Les dirigeants des centrales syndicales demandent aux grévistes de désobéir à cette loi, un appel à la désobéissance civile qui mène à leur emprisonnement. À l’issue de ce conflit de travail, les employés de la fonction publique réalisent plusieurs gains, dont une hausse de la rémunération hebdomadaire minimum d’environ 30 % et une indexation des salaires au coût de la vie.
Pour leur part, les fronts communs de 1975 et de 1979 permettent d’obtenir de nouvelles augmentations salariales pour de nombreux travailleurs du secteur public et engendrent l’instauration d’un congé de maternité de 17 semaines, puis de 20 semaines, pour les femmes.