Les mouvements sociaux
2. Le féminisme et l’action politique des femmes
2.2. L’autonomie économique
En 1945, le gouvernement fédéral lance son programme d’allocations familiales qui vise à aider la population canadienne sur le plan financier. Au Québec, le gouvernement de Maurice Duplessis souhaite que ces allocations soient versées aux pères de famille, mais Thérèse Casgrain revendique que ce soit les mères qui reçoivent les versements. À l’issue de cette lutte, de nombreuses femmes reçoivent un chèque du gouvernement canadien qu’elles utilisent pour combler les besoins de leurs enfants.
Dans les années 1960, de nombreuses femmes continuent de lutter pour acquérir leur autonomie économique. À travers leur participation croissante au marché du travail, ces femmes constatent toutefois les conditions de travail difficiles dans les usines et elles prennent conscience de la disparité entre leur salaire et celui des hommes. Ces enjeux orientent la lutte des femmes, qui revendiquent une réduction des inégalités salariales auprès de leurs employeurs et du gouvernement québécois. Comme en témoigne le parcours de Madeleine Parent, plusieurs femmes joignent les syndicats et militent au sein des associations féministes pour réclamer une augmentation de leurs salaires et une amélioration de leurs conditions de travail.


À la fin des années 1960, des centaines de femmes et de nombreuses associations féministes participent à la Commission royale d'enquête sur la situation de la femme au Canada, aussi nommée Commission Bird. En plus de témoigner de leurs difficultés économiques, ces femmes revendiquent des salaires égaux à ceux des hommes de même que de meilleures perspectives de promotion dans les entreprises privées et les organismes publiques. En 1970, la Commission Bird présente un rapport qui propose entre autres de créer des congés de maternité avec un soutien financier, de financer des garderies publiques et d’implanter l’équité salariale sur le marché du travail.
Au Québec, les associations féministes comme le Front de libération des femmes utilisent les constats de la Commission Bird pour appuyer leurs revendications auprès du gouvernement québécois. En 1979, ce gouvernement instaure d'ailleurs un congé de maternité de 18 semaines, il interdit le renvoi des femmes de leur emploi en raison d’une grossesse et il commence à subventionner les garderies à but non lucratif.