Les mouvements sociaux
2. Le féminisme et l’action politique des femmes
2.1. Le statut juridique
Au début des années 1960, l’avocate Marie-Claire Kirkland-Casgrain, première femme élue députée à l’Assemblée législative du Québec, entame des démarches pour réformer le statut juridique des femmes. Sous le gouvernement libéral de Jean Lesage, Marie-Claire Kirkland-Casgrain obtient un poste de ministre et présente la Loi sur la capacité juridique de la femme mariée. Adoptée en 1964, cette loi abolit le devoir d’obéissance au mari et permet aux femmes d’ouvrir un compte bancaire, d’administrer l’ensemble de leurs biens et de leurs finances ainsi que de choisir leur profession, le tout sans nécessiter l’autorisation de leur conjoint.
En 1968, le gouvernement fédéral réforme la Loi sur le divorce, ce qui répond aux revendications de certains regroupements féministes comme la Ligue des femmes du Québec. Désormais, les femmes peuvent mettre en œuvre les procédures pour demander le divorce, ce que des milliers d'entre elles font au cours des années 1970.
Ces gains juridiques rendent les rapports entre les hommes et les femmes au sein des familles québécoises plus égalitaires sur le plan légal. Ceci dit, les normes sociales ne changent pas du jour au lendemain et la répartition des responsabilités au sein de la famille demeure inégalitaire. Par exemple, les femmes sont encore les principales responsables de l’éducation des enfants et de l’ensemble des tâches domestiques, et ce, même lorsqu’elles travaillent.
