Le néonationalisme québécois et la fédération canadienne
2. Le néonationalisme québécois
2.3. Le néonationalisme : le mouvement indépendantiste
Dans les années 1960 et 1970, le néonationalisme se traduit entre autres par l’émergence du mouvement indépendantiste, un mouvement que l’on nomme aussi mouvement souverainiste. Ce mouvement aspire à l’affirmation de la nation québécoise et il considère que cette affirmation requiert l’indépendance du Québec, c’est-à-dire la formation d’un pays souverain qui ne ferait plus partie de la fédération canadienne.

L'indépendantisme démocratique et la souveraineté du Québec
Les indépendantistes soutiennent que la formation d’un pays permettrait de mettre fin à la domination économique qu’exerce la minorité anglophone sur la majorité francophone du Québec. Plusieurs intellectuels québécois comparent même cette domination à l’oppression que subissent les peuples africains et asiatiques colonisés par des pays européens. La révolte de ces peuples contre la présence européenne et la prise en main de leur avenir politique engendrent un mouvement de décolonisation qui s’intensifie après la Seconde Guerre mondiale. Par l’entremise de luttes non-violentes ou de conflits armés, ce mouvement mène à la création de nombreux États indépendants en Afrique et en Asie dans les années 1950 et 1960.
Inspiré par le mouvement de décolonisation, le mouvement indépendantiste lutte pour la mise en place d’un État souverain qui permettrait au Québec de se gouverner de manière autonome.

Pour former un État souverain, les indépendantistes se regroupent au sein d’associations militantes et de partis politiques souverainistes, dont l’action politique culmine avec l’élection du Parti québécois en 1976. Une poignée d'indépendantistes forment également des groupes radicaux parmi lesquels compte le Front de libération du Québec. Ce groupe utilise la violence pour atteindre leurs objectifs, une approche qui déclenche notamment la crise d’Octobre en 1970.
Chronologie du mouvement indépendantiste
En utilisant les documents 10 à 12, indique quels sont les principaux politiciens du mouvement souverainiste dans les années 1960-1970, quel objectif ils poursuivent et quel moyen ils veulent utiliser pour atteindre leur objectif.
Extrait du discours de René Lévesque, chef du Parti québécois, lorsque son parti a été porté au pouvoir pour la première fois en 1976
« Et je répète en particulier, celui, cet engagement central qui ne change pas le fait du tout que du fond de mon coeur, du fond de notre coeur à tous, on espère, en amitié avec nos concitoyens du Canada, arriver à nous donner le pays qu’est le Québec [...]. Mais ce pays du Québec viendra uniquement quand une société adulte, consciente en elle-même, l’aura approuvé par une majorité claire et démocratique dans un référendum, comme nous l'avons promis. »
Source : Le Choix du Québec, 15 novembre 1976, Société Radio-Canada, 09:26-09:53 et 10:23-10:47. Licence : extraits utilisés avec la permission de la Société Radio-Canada.
Extrait d’un article de journal publié en juin 1970
« Par ailleurs, le [...] porte-parole officiel du Parti québécois [...] a rappelé que son parti s’est toujours prononcé contre les attentats à la bombe et toutes les autres formes de violence, et que c'est par des moyens démocratiques et pacifiques qu’il allait réaliser l'indépendance du Québec. »
Source : Auteur inconnu, « Cinq bombes explosent à Westmount », Le Soleil du Saguenay-Lac-Saint-Jean, 1er juin 1970, p. 1, en ligne sur Bibliothèque et Archives nationales du Québec, notice 0005221050.
Extrait d’un article de la revue L’Indépendance publiée en 1966 par le Rassemblement pour l’Indépendance nationale (RIN)
« Le RIN veut faire du Québec un état indépendant et démocratique avec l’assentiment de la majorité de la population. Depuis cinq ans qu’il poursuit son travail d’organisation [...] le RIN a fait des progrès remarquables. Par d'innombrables assemblées dans tous les coins du Québec, par de nombreuses études, brochures et tracts, et depuis quatre ans, par la diffusion de son journal l’Indépendance, le RIN a grandement contribué à l’éveil de la population aux réalités économiques, politiques, sociales et culturelles du Québec. »
Source : Rassemblement pour l’Indépendance nationale, « Choisissez votre avenir », L’Indépendance, supplément no. 1, 25 octobre 1966, p. 5, en ligne sur Bibliothèque et Archives nationales du Québec, notice 0006288942.
Place les documents 13 à 16 en ordre chronologique.
Extrait de la soirée électorale de Radio-Canada présentée par le journaliste Bernard Derome
« Radio-Canada, à 8 heures 40 minutes, prévoit que le prochain gouvernement du Québec sera formé par le Parti québécois et que ce gouvernement sera majoritaire. »
Source : Le Choix du Québec, Société Radio-Canada, 00:00-00:12. Licence : extrait utilisé avec la permission de la Société Radio-Canada.
Extrait d’un article de journal publié en 1966
« Le chef du Rassemblement pour l’indépendance nationale, M. Pierre Bourgault, a déclaré hier soir que le résultat des élections québécoises « place définitivement le RIN sur la carte politique du Québec ». M. Bourgault a affirmé que ce résultat, qui a accordé environ 8% des voix au RIN, peut signifier que son parti « va balayer la province aux prochaines élections ».
Source : Presse canadienne, « Bourgault : “Le RIN est sur la carte” », La Tribune, p.1, en ligne sur Bibliothèque et Archives nationales du Québec, notice 0004875943.

Extrait d’un article de journal
« En septembre, c’est au tour du député libéral de Laurier, M. René Lévesque, d’ajouter son grain de sel. Dans un manifeste publié le 15 septembre, le député libéral fait savoir qu’il opte pour la souveraineté du Québec dans le cadre d’une union économique avec le Canada. Le 14 octobre, sa thèse est rejetée par le parti libéral [...]. Lévesque quitte le parti libéral pour fonder le mouvement souveraineté-association qui se répand comme une traînée de poudre à travers la province. »
Source : Pierre Godin, « De Gaulle découvre le Québec et le fait découvrir au Canada anglais », La Presse, p. 32, en ligne sur Bibliothèque et Archives nationales du Québec, notice 0000082812.
Extrait d’une émission de Radio-Canada présentée par le journaliste Louis Martin en 1968
« Le congrès de fusion du Mouvement souveraineté-association et du Ralliement national vient de prendre fin à Québec. Ce congrès a réuni pendant plus de trois jours quelque 800 délégués en provenance de 98 comtés québécois. Le nouveau parti s’est donné un statut, un programme, un nom et un chef : monsieur René Lévesque leader, ou président si vous préférez, du Parti québécois. »
Source : Deux plus un, Société Radio-Canada, 00:00-00:30. Licence : extrait utilisé avec la permission de la Société Radio-Canada.