Le néonationalisme québécois et la fédération canadienne
2. Le néonationalisme québécois
2.2. Les caractéristiques du néonationalisme
Le néonationalisme et la délégation du Québec à l’étranger
Tout au long de ses mandats, le gouvernement de Maurice Duplessis refuse d’attribuer des ressources financières et humaines pour la mise sur pied d’agences qui permettraient de représenter le Québec à l’étranger. Dès la mort de Duplessis en 1959, ses successeurs adhèrent aux positions du néonationalisme en matière de relations internationales et annoncent leur intention d’accroitre la présence de l’État québécois à travers le monde.
Pour faire valoir les intérêts économiques et culturels du Québec en Europe, le gouvernement de Jean Lesage ouvre d’abord des délégations générales en France et au Royaume-Uni. En 1965, Paul Gérin-Lajoie prononce un discours qui encourage l’action internationale du gouvernement québécois dans tous les champs de compétence provinciaux. En accord avec ces propositions, les gouvernements québécois des années 1970 poursuivent le déploiement de la diplomatie québécoise grâce à l’ouverture de plusieurs autres délégations et à la signature de nombreuses ententes internationales.


L’évolution rapide des relations internationales du Québec se manifeste en 1967 lors d’une visite du président de la France, le général Charles de Gaulles. Ce dernier crée une controverse en achevant un de ses discours par : « Vive Montréal, vive le Québec, vive le Québec libre! ». Pendant que les partisans du néonationalisme québécois se réjouissent de la prise de position du général, le gouvernement canadien dénonce l’ingérence du président français. Pour le gouvernement fédéral, un représentant d’une autre nation ne devrait pas prendre position dans un débat qui ne concerne que le Québec et le Canada.