Le néonationalisme québécois et la fédération canadienne
2. Le néonationalisme québécois
2.1. Le clérico-nationalisme et le néonationalisme
Au tournant des années 1960, le néonationalisme prend pied dans les milieux intellectuels, politiques et artistiques du Québec. En quoi le néonationalisme se distingue-t-il du clérico-nationalisme? Quelles sont les caractéristiques de ces idéologies et comment déterminent-elles l’appartenance à la nation?
Rappel : Le concept de nation fait référence à l’entité formée par un groupe de personnes qui partagent certaines caractéristiques identitaires, sociales ou culturelles.
Consulte les documents 4 à 9 afin de compléter le tableau ci-dessous.
- Associe d’abord chaque document à la caractéristique appropriée.
- Relève les caractéristiques du clérico-nationalisme et du néonationalisme.
Citation de Pierre Bourgault, chef du Rassemblement pour l'indépendance nationale, en 1966
« Mais les Français, comme les Anglais, comme les Suédois, comme les Mexicains, se sont placés dans une situation normale, ils ont accordé toute la priorité à la langue de la majorité. Or, ce que nous proposons c’est de faire la même chose au Québec. Nous les Canadiens français, nous formons plus de 83 % de la population du Québec. Or, la langue utile, la langue nécessaire chez nous, c’est l’anglais. »
Source : Les Élections provinciales, 21 mai 1966, Société Radio-Canada, 01:22-01:48. Licence : extrait utilisé avec la permission de la Société Radio-Canada.

Témoignage d’une écolière canadienne-française lors de la semaine de la « fierté nationale », en 1942
« La fierté nationale, c’est la fierté de notre religion, de notre race, de notre langue, de notre histoire, et tout cela résumé en un mot vibrant : NOTRE PATRIE! [...]
Cette patrie n'est pas confinée au territoire ombragé par la citadelle de Québec : notre Patrie, c’est le Canada; les terres fertiles qui bordent la Baie de Fundy; la vallée du Saint-Laurent; la Région des Grands-Lacs; les prairies de l'Ouest; les Montagnes Rocheuses [...]. »
Source : Lise Poirier, « Notre fierté nationale », L’écho de Frontenac, 23 avril 1942, p.1, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, notice 0005226299.
Citation de René Lévesque, chef du Parti québécois, en 1968
« Que nous avons repris ligne par ligne, presque mot à mot, cette option qui nous avait réunis, qui prenait la forme d’un manifeste comme on l'appelait, et dont la première phrase, et ça me frappe assez curieusement aujourd’hui, était non seulement devenue pour nous une chose qui allait de soi, qui était tout simple, mais qui était aussi cette phrase un germe assez actif je suppose parce qu’elle contenait déjà le nom que vous avez décidé, que nous avons décidé de choisir, c’était tout simplement : nous sommes des Québécois. »
Source : Un nouveau parti au Québec, 14 octobre 1968, Société Radio-Canada, 02:38-03:11, en ligne sur ici.radio-canada.ca. Licence : extrait utilisé avec la permission de la Société Radio-Canada.
Citation de René Lévesque, chef du Parti québécois, en 1968
« Écoutez, moi j’incorpore dans le mot québécois tous les Québécois. [...] Le Québec doit être la patrie, le pays, de tous ses citoyens, de quelque origine, de quelque appartenance qu’ils soient. Et ça ça comprend la protection non seulement des droits des individus enfin comme toute société civilisée, mais le droit des groupes minoritaires et au pluriel parce qu’il y a aussi les indiens, les esquimaux, et Dieu sait qu’ils existent même s’ils ne sont pas très nombreux. Est-ce qu’il faut calculer le respect qu’on doit aux minorités au nombre de gens qu’il y a dedans? Et, forcément, les droits de l’imposante minorité anglophone, si vous voulez, du Québec, dans surtout évidemment ses droits scolaires. Tout ça est englobé dans le mot Québécois, autrement il ne veut rien dire. »
Source : Deux plus un, 15 octobre 1968, Société Radio-Canada, 02:16-02:25 et 02:51-03:25. Licence : extraits utilisés avec la permission de la Société Radio-Canada.
Citation de Paul Gérin-Lajoie, ministre de l’Éducation, en 1965
« Les [relations internationales] concernent tous les aspects de la vie sociale. C'est pourquoi, dans une fédération comme le Canada, il est maintenant nécessaire que les collectivités membres, qui le désirent, participent activement et personnellement à l'élaboration des conventions internationales qui les intéressent directement [selon les champs de compétence de l’AANB] [...] Il n'est plus admissible non plus que l'État fédéral puisse exercer une sorte de surveillance et de contrôle d'opportunité sur les relations internationales du Québec. »
Source : Paul Gérin-Lajoie, Allocution du ministre de l’Éducation, M. Paul Gérin-Lajoie, Ministère des Relations internationales et de la Francophonie, 12 avril 1965.
Extrait d’un livre publié en 1897 qui aborde la question des écoles francophones au Manitoba
« Nous sommes catholiques, nous sommes canadiens-français, ces deux titres nous honorent, sont le patrimoine que nous voulons léguer à nos enfants : religion et patrie ! »
Source : Jean DesPrairies, Une visite dans les écoles du Manitoba, Montréal, Librairie Saint-Joseph, 1897, p. 5, en ligne sur Bibliothèque et Archives nationales du Québec, notice 0000128933.